L’identité canadienne des Québécois, selon Me Guy Bertrand

Le texte ci-dessous se réfère à l’ouvrage PROJET LIBERTÉ-NATION de Guy Bertrand dont les coordonnées sont fournies en bas de page.  Le texte et le livre rappellent ce que nous disons ici; que les Québécois ont des racines Canadiennes fortes et vivantes et que cela doit être intégré au projet souverainiste. Nous sommes bien d’accord.

Mais, nous ne sommes pas d’accord avec les conclusions que tire Me Bertrand de cette constatation.  Nous, le Canada Libre, voulons que le mouvement souverainiste Québécois assimile l’identité Canadienne de notre peuple et qu’il l’intègre au projet d’indépendance nationale en le présentant comme la libération des Canadiens de l’occupation étrangère autant sinon plus que la séparation du Québec du canada-des-anglos.  Me Bertrand, lui, promeut un projet très différent qui remet en partie les décisions finales dans les mains des anglos qui, on le sait déjà, se feront une joie de ne pas collaborer.

Voici l’article tiré de la page facebook de Coalition SansParti :

L’identité canadienne des Québécois, selon Me Guy Bertrand

L’Amérique française 

« Les Québécois n’accepteront jamais de faire l’indépendance s’ils ne peuvent conserver des liens avec le Canada ».

Dans son Projet Liberté-Nation, édité par la Fondation Fleur de Lys, Me Guy Bertrand, dans le style personnel qu’on lui connaît, y va de plusieurs propositions originales sur la façon de réaliser la souveraineté : relance du Québec sur la base de ses régions devenant des états fédérés, consolidation du consensus existant en faveur de l’autonomie du Québec, négociation de la sécession et d’un changement constitutionnel dans le cadre de l’Avis de la Cour suprême et de la Loi sur la clarté, etc.   

Mais un aspect central de son analyse devrait retenir l’attention de tous ceux qui se préoccupent du statut politique du Québec et de la souveraineté, car il explique probablement l’échec des deux référendums et l’impasse actuelle de l’option souverainiste : c’est l’identité canadienne des Québécois.

L’identité canadienne des Québécois

Tous les sondages depuis 1995 indiquent qu’autour de 80% des Québécois (donc un pourcentage important d’indépendantistes) sont aussi fiers d’être Canadiens, et même souhaitent rester Canadiens dans un Québec souverain, ou à tout le moins, qu’un Québec souverain garde des liens avec le Canada. On connaît la tirade célèbre d’Elvis Gratton sur ce thème.

L’explication de cette appartenance canadienne est souvent mal comprise. Il faut se rappeler que le Canada de la Confédération a d’abord été le Canada des Canadiens-francais d’après la conquête de 1760, et le Canada de la Nouvelle-France et de nos ancêtres qui furent les premier à prendre possession de l’Amérique, de la Louisiane à la Baie d’Ungava, et de l’Acadie aux Rocheuses. La nation québécoise est la première nation fondatrice du Canada et le Québec en est pour ainsi dire le dernier bastion. « Les Québécois ne veulent pas rompre avec leur passé et leur histoire canadienne. Le Canada demeure le pays de leurs ancêtres,  Canadiens d’avant 1760,  puis de leurs ancêtres Canadiens-français d’après la conquête de 1760. Les Québécois ne sont pas attachés à la constitution canadienne ni au Parlement canadien, mais ils sont attachés au nom que leurs ancêtres portaient, soit celui de Canadiens, et au nom qui identifie leur territoire, celui du Canada. Une partie du patrimoine canadien appartient aux Québécois.»

Un Québec indépendant qui conserve des liens avec le Canada

Guy Bertrand, comme de plus en plus d’historiens d’ailleurs, constate que le Canada fait partie de l’héritage des Québécois, et donc de leur identité, et qu’ils ne sont pas prêts à mettre un croix dessus : ils sont en faveur d’un statut politique souverain pour le Québec comme État national, à condition que le Québec conserve des liens identitaires, symboliques et économiques avec le Canada, définis dans un traité d’alliance entre le Québec et le Canada. Une sorte de retour à la clause d’association, mais comprise cette fois-ci en terme d’appartenance et d’identité  plutôt que seulement économique, inspirée de l’Union européenne sur la base d’États souverains.

On comprend mieux quand Guy Bertrand énumère quels pourraient être ces  « liens identitaires, symboliques et économiques » d’un Québec souverain avec le Canada : citoyenneté canadienne (sans droit de vote) et passeport canadien pour tous les  Québécois, monnaie canadienne, marché commun, protection des minorités linguistiques et des peuples autochtones, ententes sur les voies de communication, les zones maritimes et côtières, la défense, les biens et la dette.

C’est probablement sur cette base qu’une Assemblée constituante pourrait dégager un consensus substantiel sur le statut politique futur du Québec qui aille dans le sens à la fois des aspirations historiques du Québec à son autonomie et de l’interdépendance des États à l’heure de la mondialisation. Et ainsi, dénouer l’impasse actuelle de l’option souverainiste.

Roméo Bouchard

~+~

Exemplaire numérique gratuit du livre de Me Guy Bertrand PROJET LIBERTÉ-NATION

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