Le double standard du Canada anglais envers le Québec

Canada Eighteen Sixty-Seven

Le double standard du Canada anglais envers le Québec

Traduction du texte posté par Benjamin Berman
6 octobre 2010

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Je suis allé il y a quelque temps sur le site internet de Radio-Canada, l’équivalent francophone de la Canadian Brodcasting Corporation, où je suis tombé sur un texte à propos du gouvernement libéral de la Colombie-Britannique qui veut couper le financement des services offerts à la communauté francophone (qui est en nombre croissant en particulier dans le centre-ville de Vancouver). Ma première réaction après avoir lu l’article a été une déception mineure, mais pas de la surprise puisque les libéraux de Colombie-Britannique ont déjà fait une série de coupes dans divers programmes sociaux. Alors, quoi de neuf ? : Le fait que les coupures visent francophones Britanno-Colombiens est le seul angle particulier à ce qui a est autrement la norme en sous ce régime libéral.

Par curiosité, j’ai visité les sites internet des deux principaux journaux de Colombie-Britannique, le Vancouver Sun et le Vancouver Province, pour voir si cette nouvelle y était mentionnée. N’y trouvant aucune mention des services en français en Colombie-Britannique, j’ai pensé jeter un coup d’œil à la page régionale de la SRC pour la Colombie-Britannique, puis sur celles de tous les grands médias anglo-canadiens ; inutile de dire que cette histoire était introuvable en anglais.

Ce n’est pas vraiment choquant que l’histoire de coupure du financement de services pour la communauté francophone de la Colombie-Britannique ne soit couverte que dans des médias francophones. Cependant, je me suis demandé quelle aurait été la réaction des médias anglos du Canada si le gouvernement du Québec faisait la même chose pour les services gouvernementaux actuellement offerts en anglais.

Notez que, contrairement à la croyance populaire à l’extérieur du Québec, le gouvernement du Québec fournit pratiquement tous ses services en anglais et en français et, ce, malgré que les anglophones ne représentent qu’environ 8 % de la population de la province.

Pensez-y un instant ; imaginez une nouvelle telle que, « Le gouvernement du Québec coupe le financement des services en anglais », ou, « Québec n’offre plus aucun service dans la langue de sa minorité anglophone ». Il ne fait aucun doute que la réaction du Canada anglais serait féroce, avec les accusations typiques contre le Québec d’abriter à un tas de xénophobes, de racistes, et de traîtres. Pourtant, la Colombie-Britannique coupe les services aux francophones et cela passe complètement sous le radar médiatique anglo : personne dans les médias canadiens anglais ne porte attention à cette affaire.

D’où vient ce double standard et comment est-il justifiable ?

Racist

Je sais bien qu’il existe chez les anglophones une incompréhension générale de la société québécoise et de son contexte politique. Je sais aussi qu’il y a un manque général de connaissances sur l’histoire du Canada – une histoire qui explique largement la place des Canadien-français au Québec et dans la société canadienne dans son ensemble. La base réelle de la perception négative du Québec dans le Canada anglais découle de l’idée que les tous les Québécois sont des « séparatiste-traîtres » qui ont tenu deux référendums sur l’indépendance du Québec dans le but de « détruire le Canada » (en 1980 et en 1995) et que leur charte de la langue française, la loi 101, est une attaque directe et injuste contre les anglophones de cette province.

Pour dire le moins, ces idées sont des simplifications injustes. Sans trop entrer dans les raisons sous-jacentes au nationalisme québécois et à la quête de souveraineté parmi une minorité des québécois (oui une minorité ! Il y a déjà quelque temps que les sondages disent que le soutien pour un nouveau référendum au Québec ne dépasse pas la barre des 35 %), je dis simplement qu’il suffit de regarder comment les Canadiens francophones considèrent la confédération du Canada comme étant un partenariat et une dualité entre deux cultures et deux communautés linguistiques ; une idée qui leur a été vendue comme les avantages qui proviendraient de la confédération et qui n’a jamais quitté l’état d’esprit des Québécois. En outre, on peut également mentionner la ségrégation socio-économiques scandaleuse contre les francophones du Canada, y compris ceux du Québec, tout au long de l’histoire du Canada, qui a seulement prit fin avec la Révolution Tranquille québécoise durant les années 1960. Le traitement fait aux Canadiens-français les reléguaient au rôle de citoyens de seconde zone partout au pays ce qui fut mise en évidence dans le rapport final de la commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme mise en place par le premier ministre Lester B. Pearson en 1963.

Malgré le fait que percevoir les québécois comme des « crachats séparatistes » est grossièrement injuste et inexact, surtout parce que la plupart des Québécois ne veut pas l’indépendance, toute l’hypocrisie de l’opinion anglo-canadienne sur le Québec se trouve dans les idées fausses sur les lois linguistiques. Pour commencer, la loi 101 du Québec n’empêche pas les anglophones de recevoir une éducation dans leur langue ni n’empêche aucune entreprise d’avoir l’anglais sur son affichage extérieur. Pour l’essentiel, la loi 101 vise simplement à faire du français la langue du gouvernement et de la loi au Québec ainsi que la langue normale et quotidienne du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires dans la province. Les entreprises sont autorisées à afficher en anglais en autant ce soit fait aussi en français et la communauté anglophone, basée presque exclusivement à Montréal, se voit offrir des programmes d’éducation dans des écoles anglophones. En outre, le Québec fournit également des études post-secondaires complètes en anglais avec plusieurs cégeps (les institutions du réseau collégial du Québec) anglophones et il possède trois universités anglaises, et ceci, encore une fois, malgré le fait que seulement 8 % de la population est anglophone.

En effet, la Loi 101 est simplement la promotion du français comme langue officielle d’une province dont 84,5 % de la population est francophone. Cette loi est un moyen d’assurer le patrimoine linguistique et culturelle français du Québec face à l’océan anglophone qui entoure la province au Canada ainsi qu’en présence la puissance hégémonique culturelle et économique que sont les États-Unis, juste au sud. On n’a qu’à regarder la réalité linguistique dans le monde actuel où l’anglais est maintenant la langue dominante du commerce et des relations internationales pour comprendre le raisonnement et la justification qui font que la société francophone prédominante au Québec veuille protéger sa langue. Même dans les autres pays non anglophones, il y a là aussi une lutte pour résister à l’anglicisation.

Nous devons commencer à nous poser la question au Canada anglais : que se passera-t-il si le Québec perd sa bataille pour préserver la langue française ? Qu’adviendra-t-il alors de l’identité canadienne ? Si vous préférez que le Canada ne soit qu’un autre pays anglophone monolingue alors va. Mais, pour moi, la langue française et la culture canadienne-française (surtout celle du Québec) sont des composante essentielles de la culture et de l’identité canadienne. Par conséquent, il faut comprendre et accepter que le Québec soit le bastion de la langue française au Canada et la clef de voûte de l’élément canadien-français dans la constitution de notre pays.

Mais l’hypocrisie envers les lois linguistiques du Québec dans la société canadienne anglaise se trouve aussi dans l’attitude toujours présent que beaucoup de Canadiens dans les provinces de langue anglaise ont envers les immigrants non anglophones. Je vais prendre ma province, la Colombie-Britannique, à titre d’exemple parce que j’ai une connaissance directe  de la situation dans la région métropolitaine de Vancouver.  Dans la région métropolitaine de Vancouver, le sentiment d’animosité envers les immigrants qui ne parlent pas anglais est constant. L’idée que les immigrants devraient apprendre « notre » langue est partagée par la grande majorité des Britanno-Colombiens. En outre, de nombreux Britanno-Colombiens (moi y compris, je l’avoue), n’aiment pas du tout trouver des panneaux de signalisation exclusivement dans une autre langue que l’anglais dans de nombreux endroits.

Je suis certain que ce sentiment négatif est présent dans les autres grandes villes ayant des populations immigrées importantes et probablement même dans les régions rurales du Canada. En conséquence : qu’elle est-donc la différence entre les Québécois et les anglophones ? Si ce n’est que les Québécois, eux, ont fait quelque chose pour s’assurer que le français reste dominant dans leur société. Encore une fois, je vis aujourd’hui à Montréal et je réitère que l’idée que la province de Québec empiète sur les droits des anglophones est tout simplement ridicule.

Il y a sans aucun doute un double standard au Canada, une situation typique de l’hypocrisie de la majorité envers une minorité et, aussi longtemps que cela existe, l’unité nationale canadienne est en danger. Je dis souvent : qui peut blâmer les Québécois qui en ont assez de cela ? Ceci étant dit, je continue de militer sur les deux fronts, en disant aux Canadiens anglais qui critiquent le Québec qu’ils ont besoin d’examiner les faits et de se regarder dans le miroir et, en même temps, en disant aux Québécois francophones que la menace constante de séparation engendre de la méfiance et de la mauvaise volonté.

Au-delà de tout, je crois que le bien qui se trouve dans les principes et les idéaux du Canada l’emporte sur les mauvais éléments qui sont présents dans ce pays tels que l’apparente hypocrisie dirigée contre le Québec qui vient parfois du Canada anglais.

6 commentaires pour Le double standard du Canada anglais envers le Québec

  1. Jacques Lafond dit :

    Monsieur Berman. Ce n’est pas que les canadiens ne savent pas l’histoire du Canada. C’est bien pire que ça. Il y a une monstre propagande haineuse anti québécois francophone à l’intérieur et à l’extérieur du Québec. À l’intérieur du Québec; cette propagande haineuse est assuré depuis plusieurs décennies par des médias comme: CJAD am., CTV, CBC, the Gazette, the Surburban, et autres. Ces gens sont bourrés de talents, et ils sont d’une efficacité incroyable quand il s’agit de  »monter » la population anglophone, et même francophone et immigrés, contre le nationalisme québécois, la langue française, et le québécois francophone. Aucune Nation n’endurerait tel châtiment sur son propre territoire. Only in Quebec; comme dirait l’autre. Parallèlement, tous les médias québécois nationaliste ont été achetés par les anglais fédéralistes depuis 20 ans, et ont été fermés ou ont changés de vocation. Ce n’est pas une question de livres d’histoires, Monsieur Berman …

    • Canada Libre dit :

      Tout ça est une campagne de propagande bien organisé et continuelle. L’existence même de leur fédération repose sur notre soumission.

    • Canada Libre dit :

      «« Ce qui est arrivé au Québec, et ça s’est étendu aux médias du Canada anglais, c’est qu’on a délibérément faussé l’équilibre nécessaire à une presse libre, pour tordre le cou à la démocratie.

      Pierre Elliott Trudeau a énoncé sa recette dans Le fédéralisme et la société canadienne-française en 1967 :

      « Un des moyens de contrebalancer l’attrait du séparatisme, c’est d’employer un temps, une énergie et des sommes énormes au service du nationalisme fédéral. Il s’agit de créer de la réalité nationale une image si attrayante qu’elle rende celle du groupe séparatiste peu intéressante par comparaison. Il faut affecter une part des ressources à des choses comme le drapeau, l’hymne national, l’éducation, les conseils des arts, les sociétés de diffusion radiophonique et de télévision, les offices du film. »

      Remarquons qu’au début de cet énoncé, il y a une admission. Trudeau parle de « l’attrait du séparatisme », admettant implicitement qu’en l’absence de mesures extraordinaires, les Québécois choisiraient l’indépendance. C’est admettre que l’indépendance a quelque chose de naturel. En effet, avec l’avènement de l’ère de la décolonisation, les peuples ont choisi de devenir libres les uns après les autres. Cette évolution naturelle, Trudeau a décidé de la contrer en dépensant des « sommes énormes ».

      On peut mettre en parallèle ce que Trudeau prêchait et les déclarations triomphales de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande d’Adolf Hitler, au lendemain des élections de 1933, qui avaient porté les nazis au pouvoir en Allemagne. :

      « Maintenant, ce sera facile de mener le combat, car nous pourrons recourir à toutes les ressources de l’État. La radio, la presse sont à notre disposition. Nous allons organiser un chef-d’œuvre de propagande. Et, cette fois, l’argent ne manquera pas ». »»

      http://www.vigile.net/Chapitre-3-Au-commencement-etait

      • Jacques Lafond dit :

        Les textes et la documentation en général sur l’organisation et le financement de l’ethnocide du Québec parlent presque toujours au passé. On parle du scandale des commandites au passé, votre texte ici parle des agissements de Trudeau en 1967. Il est très dommage que l’on ne parle pas plus souvent au présent. L’investissement $$$ massif du Canada avec l’argent du Québec dans l’ethnocide de la nation québécoise francophone est une chose du présent. Je pense que l’on devrait beaucoup plus insister là dessus. Joyeux Noël. Nelson

  2. Frédéric Mercier dit :

    Veux tu plutôt dire « quelle est donc la différence entre les Québécois et les Canadiens anglais »?

    • Canada Libre dit :

      Un Canadien (un vrai) ça parle le français. Appeler un anglo par le nom de Canadien est du novlangue impérialiste qui fait accroire que les anglos sont les habitants de ce pays et que les autres sont des éléments étrangers.

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